En Concert
17/04/2007 12:52 par Mylouxetnoux
L’année 1990 est consacrée pour Mylène à quelques apparitions télé à l’étranger (notamment pour la promo de « Douce »), à l’apprentissage de la peinture, de l’anglais (grâce aux célèbre cours Berlitz), et enfin à l’écriture d’un nouvel album studio. Pendant ce temps-là, le live En concert s’écoule à 600 000 exemplaires, et la cassette vidéo du spectacle à 30 000.
En janvier 1991, Laurent Boutonnat se rend à Budapest pour préparer les deux prochains clips qu’il doit tourner, et qui seront les deux premiers singles (« Désenchantée » et « Regrets ») extrait de l’album à venir, L’Autre. Une équipe hongroise (Mafilm Europa, impliquée dans le tournage du Cyrano de Jean-Paul Rapeneau, sorti en 1990) a préalablement effectué des repérages : usine et bâtiments désaffectés, cimetières abandonnés, etc. le choix de
Le single « Désenchantée » sort le 18 mars 1991 et remporte immédiatement l’adhésion de public. Si la chanteuse opte pour un nouveau look, les paroles de ce nouveau titre sont également différentes de ce qu’elle a pu écrire par le passé. Le ton est discret, actuel, et sans appel : « Tout est chaos / A côté / Tout mes idéaux des mots abîmés / Je cherche une âme qui / pourra m’aider / Je suis d’une génération désenchantée. » Mylène s’ancre dans la société et adresse un message fédérateur à son public : « Rien ne tient, de nos idéaux, de nos espoirs. Pourtant ce n’est pas triste. Une énergie, comme une révolution, la fin des leurres, peut-être. » (Télé 7 Jours, avril 1991) Mots lucides sur une musique redoutable, « Désenchantée » devient peu à peu « l’hymne farmérien » par excellence, bien que la chanteuse insiste clairement sur son absence de revendication politique. Malgré tout, en pleine grogne sociale, la récupération pointe parfois le bout de son nez : « Retour de l’androgyne Mylène Farmer pour son nouvel album L’Autre (Polydor). Avec d’emblée une pépite, « Désenchantée ». Un tube à rendre nerveux les éléphants du PS. « Dix ans qu’on sème », proclament les ténors de la rue de Solférino. « Qu’a-t-on récolté sinon une jeunesse sacrifiée sur l’autel des ambitions politicienne ? » rétorque, amère, la chanteuse au look de petit marquis du show-biz, laquelle ne nous avait pas habitués à une telle clairvoyance d’esprit (sic). » (L’Humanité, mai 1991) Le clip de « Désenchantée », très attendu, est diffusé début avril, en avant-première sur la chaîne A2. Dans une ambiance fascinante et intemporelle, Mylène grimée façon héros de Dickens (mais version chic, puisque habillée par Mugler !), débarque dans une prison peuplée d’êtres étranges et ingrats qui subissent le joug d’une matrone sèche et inhumaine (incarnée par la seul actrice professionnelle parmi les figurants). Humiliée, bafouée, Mylène, après avoir mangé un cafard en plastique (beurk quand même !) est à l’initiative d’un putsch à l’intérieur du bâtiment. Les incarcérés s’enfuient alors, emmenés par la chanteuse, pour s’arrêter net devant
Le public a également droit à une grosse exclusivité télévisée : ayant permis en début d’année aux caméras de l’émission Pour un clip avec toi (M6) de pénétrer sur le tournage de son clip et de l’interviewer, Mylène Farmer se confie pendant un long moment au présentateur Laurent Boyer. L’animateur admiratif ne tarit pas d’éloges sur la chanteuse : « Le tournage du clip a eu lieu dans une usine désaffectée, à six kilomètres environ de Budapest […]. [Il] commençait à six heures du matin pour ne se terminer qu’à six heures du soir passées. Nous étions tous transis de froid, les pieds pataugeant dans la neige. Pas star pour deux sous, Mylène ne s’est pas plainte une seule fois. » (Télé 7 Jours, avril 1991)